L' Astrologie : Voulons-nous seulement consommer des prédictions, ou souhaitons-nous réapprendre à dialoguer directement avec le ciel ?
- Sarah Epiphany
- 16 août
- 4 min de lecture

Commençons avec un peu d'histoire : l’astrologie est l’une des plus anciennes pratiques symboliques et divinatoires de l’humanité. Son histoire est vraiment fascinante, et surtout elle est liée à l’observation du ciel et aux rythmes naturels.
1. Les origines lointaines
Mésopotamie (vers 2000-3000 av. J-C.) : Les premières traces d’astrologie viennent de Sumer et de Babylone. Les prêtres-babyloniens observaient le ciel pour comprendre les cycles des planètes et prédire les récoltes ou les événements politiques.
Astrologie mésopotamienne : Elle était surtout liée aux dieux : chaque planète et constellation était associée à une divinité et à des influences sur la vie humaine.
2. L’astrologie égyptienne
Les Égyptiens ont intégré l’astrologie aux pratiques religieuses et funéraires.
Ils observaient le cycle des étoiles pour déterminer les crues du Nil et les rituels religieux.
L’astrologie égyptienne influencera ensuite l’astrologie grecque.
3. L’astrologie grecque
Avec l’hellénisme (4e siècle av. J-C.), les Grecs ont rationalisé et codifié l’astrologie.
Figures importantes : Ptolémée, qui a écrit le Tetrabiblos, un texte fondamental qui structure l’astrologie occidentale : planètes, signes, maisons, aspects.
Les Grecs ont lié l’astrologie aux quatre éléments (feu, terre, air, eau) et aux qualités (chaud, froid, sec, humide).
4. L’astrologie indienne (Jyotish)
Développée en parallèle, notamment en Inde.
Très ancienne, ses textes sacrés (Védas) mentionnent les positions planétaires pour guider la vie spirituelle et sociale.
Elle se concentre sur le karma et les cycles de réincarnation, et utilise le zodiaque sidéral plutôt que tropical (comme en Occident).
5. L’astrologie médiévale et Renaissance
En Europe, après l’Empire romain, l’astrologie était liée à la médecine, à l’agriculture, et à la politique.
Les astrologues conseillaient rois et papes.
La Renaissance voit un retour des textes grecs et arabes, avec une astrologie plus mathématique et scientifique pour l’époque.
6. L’astrologie moderne
À partir du 19e et surtout 20e siècle, elle devient plus psychologique et symbolique, notamment grâce à Carl Jung, qui voit dans l’astrologie un langage de l’inconscient.
Aujourd’hui, l’astrologie se décline en plusieurs formes : traditionnelle, humaniste, karmique, évolutionnaire, moderne, et reste très populaire dans le développement personnel.
En gros :
L’astrologie est née de l’observation du ciel et de la recherche de sens dans les cycles naturels.
Elle a été utilisée pour prédire, comprendre et guider la vie humaine.
Son histoire traverse Mésopotamie → Égypte → Grèce → Inde → Europe, en se transformant à chaque époque.
En fait au départ, l’astrologie n’était pas séparée de l’astronomie. Les prêtres, les sages, les navigateurs passaient des nuits entières à scruter les étoiles. Ils voyaient les mouvements des planètes, les cycles lunaires, les éclipses, et en déduisaient des significations. L’astrologie était une science d’observation, mais aussi de méditation : lever les yeux vers le ciel, c’était déjà entrer en connexion avec le mystère de la vie.
Aujourd’hui, nous ne faisons plus vraiment ce geste simple : lever les yeux. Nos villes lumineuses effacent les étoiles, nos vies pressées ne nous laissent plus le temps, et nous préférons déléguer ce rôle à un astrologue qui nous traduit le ciel en langage symbolique. Alors attention, cela n’a rien de “mal”, mais je trouve que ça en dit beaucoup de notre époque :
Nous avons externalisé la lecture du ciel au lieu de la vivre nous-mêmes.
Nous cherchons des réponses rapides plutôt que de nous engager dans une contemplation patiente.
Nous avons parfois perdu le lien poétique et sacré qui existe entre le ciel et notre propre vie.
Comprendre l’astrologie sans observer le ciel, pour moi c’est un peu comme vouloir comprendre la musique sans jamais écouter une note.... C'est à dire qu'on peut lire des partitions, demander à un musicien d’expliquer, mais il manquera toujours l’expérience directe.
Alors attention ça ne veut pas dire que l’astrologie moderne est fausse ou inutile ce n'est pas ce que je veux dire. Au contraire, les astrologues traduisent avec justesse les symboles, et ils rendent accessibles des savoirs complexes. Mais il y a une différence entre se faire expliquer son thème astral et ressentir soi-même la puissance d’un ciel étoilé, en se demandant par exemple : "qu’est-ce que cela éveille en moi ?"
Alors, comment renouer avec cette authenticité ?
Lever les yeux régulièrement : observer la Lune, suivre ses phases, regarder quand une planète est particulièrement brillante.
Faire le lien avec son propre ressenti : par exemple, noter ses émotions à la pleine lune ou ses énergies quand une saison astrologique commence.
Compléter l’astrologie calculée par une astrologie vécue : non seulement lire son thème, mais aussi vivre l’expérience cosmique, dans le sens où il faut sentir que nous faisons partie d’un tout.
Pour conclure :
L’astrologie moderne est je trouve double : lumière et ombre.
Mais lorsqu'on l'utilise avec conscience, elle reste un outil riche de sens, qui aide à mieux se connaître et à réfléchir sur sa vie. En revanche l'utilisée uniquement comme distraction ou moyen de chercher des certitudes, elle peut devenir superficielle et trompeuse.
La vraie question n’est pas seulement “Que va-t-il se passer ?”, mais :
“Que vais-je faire de ce que je vis, et comment puis-je m’épanouir malgré l’incertitude ?”
L’astrologie moderne peut être un miroir pour nous-même, un guide symbolique, ou un simple divertissement. Elle peut accompagner notre voyage intérieur, ou simplement donner des phrases à lire le matin.
À chacun de choisir : continuer à regarder le ciel comme nos ancêtres, ou se contenter de regarder son reflet à travers un écran. Dans tous les cas, l’essentiel reste le même : la responsabilité de notre vie et de nos choix nous appartient toujours.








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