L'histoire du jardinier
- Sarah Epiphany
- 17 déc. 2025
- 4 min de lecture

Laisse moi te raconter cette histoire du jardinier
" Il disait peu de choses. Quand on lui demandait comment il allait, il répondait par un sourire simple, parfois fatigué, mais toujours sincère. Puis il retournait à son jardin.
Au début, personne ne comprenait vraiment pourquoi il y passait autant de temps. La terre sous ses ongles, le dos courbé, le rythme lent. Certains pensaient qu'il fuyait. D'autres qu'il s'occupait l'esprit. Mais... ce n'était ni l'un, ni l'autre. Il jardinait...comme on parle à la vie.
Chaque graine mise en terre était un acte de foi. Planter sans garantie, arroser sans certitude, attendre sans maîtriser. Il savait pourtant que tout pouvait s'arrêter. Que le temps était compté. Que le corps, parfois, décide autrement que l'esprit.
Et pourtant il plantait...
Parce que jardiner pour lui, ce n'était pas pour enlever ce qui dérange mais pour faire de la place. Quand il taillait, ce n'était pas pour mutiler, mais pour permettre à la vie de circuler autrement.
Il parlait peu de lui... Mais dans son jardin, tout était dit.
Les couleurs qu'il choisissait n'étaient pas au hasard. Les fleurs n'étaient pas au hasard. Les fleurs n'étaient pas là pour être belles, elles étaient là pour témoigner. Témoigner que même quand on doute, quand on a peur, qu'on ne sait pas si l'on verra la prochaine saison...et bien on peut encore embellir le monde.
Les jardiniers ne cherchent pas à laisser une trace grandiose. Ils ne crient pas leur souffrance, ils ne réclament pas de la reconnaissance, ils transmettent autrement.... Dans le silence, la patience, le respect du rythme naturel.
Jardinier c'est dire sans mots " Je fais ma part"
C'est accepter que certaines choses poussent après nous et que d'autres ne pousseront jamais. Et que les deux ont du sens...
Et un jour il dû quitter son jardin, quand il revint quelque temps plus tard, son regard avait changé...une paix étrange le traversa il comprit une chose essentielle : ce n'est pas la durée de la vie qui compte, mais ce qu'on ensemence.. Il regarda son jardin, respira profondément et dit simplement qu'il trouvait le monde beau. Et à cet instant précis, on comprit que le jardinage n'avait jamais été un passe-temps. C'était une prière vivante, une façon d'aimer, une manière de dire merci à la Terre.
Et surtout...une façon de partir ou de rester le coeur en paix.... "
Je pense que le jardinier n'est jamais là par hasard, on ne choisit pas ce passe-temps ou ce métier par hasard. On le choisit pas uniquement parce qu'on aime la nature... On le choisit parce que quelque chose, cherche à réconcilier l'humain avec le vivant.
Le jardinier accepte une chose que beaucoup refusent : le temps ne lui appartient pas.
Il sait qu'une graine ne pousse pas plus vite parce qu'on la regarde, certaines fleurs ou fruits, légumes, arrivent tard, d'autres ne viennent jamais.
Cela révèle souvent d'une personne qu'elle a connu la frustration, l'attente ou la perte, quelqu'un qui a compris que forcer la vie mène à la rupture...
Mettre les mains dans la terre c'est revenir à quelque chose de brut, réel, d'honnête. Beaucoup de jardiniers sont hypersensibles, des êtres qui ont été trop longtemps dans le mental ou qui ont vécu des environnements instables, chaotiques ou insécurisants. La terre devient alors un refuge. Le jardinier ne triche pas, la terre ne ment jamais... Si ça ne pousse pas, il regarde ce qu'il doit ajuster, pas qui accuser...
Souvent ce sont des personnes aussi qui ont pu voir la laideur du monde de près, ont traversé la maladie, la solitude, le deuil, la violence ou l'abandon et qui ont choisi de répondre par le soin plutôt que la colère.
" Je ne peux pas tout sauver, mais je peux embellir ce qui est à ma portée"
Si tu connais un jardinier, porte ton regard autrement :
regarde sa façon de toucher la terre
observe s'il travaille vite ou lentement
Vois s'il parle de "ce qui pousse" ou de " ce qu'il fait pousser"
Et tu verras souvent quelqu'un qui ne cherche pas à dominer, qui aime collaborer et quelqu'un qui sait que la vie répond quand on l'écoute.
Comment tu peux honorer ce que le jardinier ou la jardinière fait ?
Prends le temps de regarder son jardin vraiment, respecte son besoin de silence, ne mininise jamais ce qu'il fait, comprend que ce jardin est une extension de lui. Parfois un simple " je vois tout ce que tu as fais " vaut plus que 1000 questions.
Comprendre et observer les jardins donne des indices, il est le reflet de celui ou celle qui le cultive.
Quand tu observes un jardin, tu observes en réalité la manière dont une personne prend soin de sa relation au temps, à l'ordre ou au chaos, à la patience, à la réparation, à la transmission.
Un jardin très structuré peut parler d'un besoin de contrôle ou de stabilité.
Un jardin foisonnant, libre, presque sauvage peut rêveler une personne créative, intuitive, parfois débordée mais profondément vivante.
Un jardin minimaliste peut traduire une fatigue, un besoin de simplicité, de paix.
Un jardin abandonné peut signaler une perte, un deuil, un épuisement.
Attention ce ne sont pas des jugements, mais des indices...
Observer un jardin, c'est apprendre à lire entre les lignes. C'est comprendre que certaines personnes parlent avec leur main, avec la terre, avec le vivant.
Et parfois en comprenant le jardin, on comprend enfin la personne








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