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Souffrance : Chemin d'éveil ou amplification d'égo ?




Le Samsara, ce cycle sans fin ... de naissances, morts et renaissances... est dans la tradition bouddhiste, intrinsèquement lié à la souffrance. Shantideva, un grand sage Indien, dans " La voie du Bodhistava" dit que la souffrance est loin d'être inutile : elle serait même une alliée puissante sur le chemin spirituel.

"La douleur est un grand bienfait : c'est un ébranlement qui provoque la chute de l'arrogance, la compassion envers les êtres, la crainte des actes nuisibles, l'amour de la vertu."

Cette vision valorise la souffrance comme une porte vers le détachement, l'humilité, et surtout la compassion véritable, celle qui naît de l'expérience et non d'un concept. Elle devient un miroir qui nous ramène à l'essentiel, qui nous pousse à abandonner les illusions et à purifier nos intentions.


Mais.... mais.... mais ce point de vue me semble un chouille idéaliste, voire déconnecté de certaines réalités actuelles en tous cas ... Mais ceci n'est que mon point de vue.


Dans le monde actuel, j'observe un autre visage de la souffrance. Beaucoup de personnes confrontées à la douleur ne deviennent pas plus sages ou compatissantes : elles se referment, deviennent amères, ou parfois même cruelles. La souffrance ne détruit pas toujours l'orgueil, elle peut au contraire l'alimenter.

Ceux qui souffrent profondément peuvent devenir envieux, fermés, agressifs, ou prisonniers de leur propre mental. Ils se replient sur eux-mêmes, refusent l'aide, ou projettent leur mal-être sur les autres. La souffrance sans conscience, sans accompagnement, sans sens, durcit au lieu d'ouvrir.


Certains découvrent l'humilité, la bonté ou la compassion qu'au seuil de la mort, quand la peur ne prend pas sur l'orgueil... Pour moi, la peur, plus que la souffrance elle-même, peut être ce déclic d'humanité.


Alors la souffrance élève ou détruit-elle ?

Les 2 sont possibles et ne s'opposent pas tant qu'elles ne sont pas ...

Alors :

  • OUI la souffrance peut être transformatrice, si elle est accompagnée d'une conscience, d'un travail intérieur, d'une volonté de compréhension. MAIS, livrée à elle-même, dans un monde qui valorise l'image, la performance et la séparation, elle peut renforcer les blessures, les peurs et l'égo.

La clé n'est pas la souffrance en elle-même, mais la manière dont elle est vécue et accueillie


Peut-être que la grande question est : " Comment accompagner la souffrance pour qu'elle ne soit pas destructrice ?" Comment la transformer en tremplin plutôt qu'en piège ?

 
 
 

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